Dans le cadre des indemnisations en cours pour préjudice moral subi au profit des anciens fonctionnaires et agents de l’Etat, victimes des évènements de 89, Diallo Mamadou porte parole du collectif des policiers s’est lâché pour répondre aux questions du journal.
Quotidien de Nouakchott : Suite à la décision du gouvernement de régulariser les anciens fonctionnaires et agents de l’Etat victimes des évènements de 1989, le paiement des indemnisations a commencé depuis novembre dernier. Toutefois le collectif des policiers concernés par cette affaire conteste le nombre de 83 policiers de la catégorie B répertoriés alors qu’ils ne sont que quatre dans cette catégorie. Qu’est-ce à dire ?
Diallo Mamadou : En effet, nous nous posons la question nous-mêmes. Effectivement je dois signaler que j’avais déjà interpellé le conseiller juridique du ministère de l’intérieur sur la question mais sa seule réponse a été que je ne devais même pas être en possession du document. Alors que ce dit document est fait de toute pièce par ce même conseiller juridique et le Directeur de la fonction publique.
Ce qui contrarie dans l’indemnisation des policiers, c’est le fait que sur le tableau de la catégorie B, il est mentionné 83 policiers de cette catégorie devant bénéficier chacun d’un montant de 1.100.000 ouguiyas soit un total chiffré à 91.300.000 ouguiyas. Or nous savons que les inspecteurs sont de cette catégorie B et qu’ils ne sont que quatre répertoriés. D’où viennent les 79 autres ? S’il s’agit des gradés rajoutés dans la colonne catégorie B, ils n’ont touché que 1.000.000 d’ouguiyas.
Quotidien de Nouakchott : Y a t-il d’autres problèmes qui émaillent cette opération d’indemnisation ?
Maintenant tout se passe bien depuis que les autorités ont corrigé « l’erreur » de départ sur l’indemnisation de 900.000 ouguiyas au lieu d’un millions d’ouguiyas. Cela dit, je signale la lenteur de l’opération et surtout qu’ils ont encore changé le programme relatif au paiement de l’indemnisation. Désormais la commission ne travaille que les lundi et mercredi, et malheureusement le service de paierie du trésor public arrête ses opérations à 13 heures.
Quotidien de Nouakchott : S’agissant du volet des retraites, il semble que les policiers victimes de ces évènements de 1989 seront tous mis à la retraite qu’ils aient ou non atteint l’âge de la retraite. Qu’en est-il exactement ?
Ce volet n’a pas encore été abordé. Il ne le sera qu’après l’indemnisation en cours je pense bien. Toujours est-il que je trouve cela injuste et immoral. Le ridicule ne tue jamais dans ce pays. Sinon que craignent-ils ? Ou bien alors, veulent-ils nier l’évidence des tortures et autres traitements inhumains et dégradants infligés durant cette période à des citoyens authentiques de ce pays ? Près de la moitié des militaires victimes des évènements de 1990 à 1991 ont été réintégrés dans leur corps d’origine et pourquoi pas les policiers qui sont de surcroît fonctionnaires ?
De toute façon, nous attirons l’attention du président de la République sur cette décision du ministre de l’intérieur qui ne concoure pas au règlement définitif de ce dossier. D’ailleurs pourquoi une retraite proportionnelle dans la mesure où le chef de l’Etat lui-même a reconnu le tord fait aux victimes des évènements de 89 et l’ayant conduit à se rendre à Kaédi pour y présider une cérémonie de prière aux morts. Pourquoi vouloir assimiler notre cas à celui des victimes militaires et donner une retraite à 15 ans ?
Cela est contraire aux lois de la fonction publique. Refuser la réintégration des policiers victimes des évènements de 89, très bien formés ne va pas dans le sens de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Nous sommes convaincus de la bonne volonté du chef de l’État mais ceux qui sont chargés de la traduction de cette volonté dans les faits mettent tout à l’eau.
Propos recueillis par Moussa Diop
Quotidien de Nouakchott : Suite à la décision du gouvernement de régulariser les anciens fonctionnaires et agents de l’Etat victimes des évènements de 1989, le paiement des indemnisations a commencé depuis novembre dernier. Toutefois le collectif des policiers concernés par cette affaire conteste le nombre de 83 policiers de la catégorie B répertoriés alors qu’ils ne sont que quatre dans cette catégorie. Qu’est-ce à dire ?
Diallo Mamadou : En effet, nous nous posons la question nous-mêmes. Effectivement je dois signaler que j’avais déjà interpellé le conseiller juridique du ministère de l’intérieur sur la question mais sa seule réponse a été que je ne devais même pas être en possession du document. Alors que ce dit document est fait de toute pièce par ce même conseiller juridique et le Directeur de la fonction publique.
Ce qui contrarie dans l’indemnisation des policiers, c’est le fait que sur le tableau de la catégorie B, il est mentionné 83 policiers de cette catégorie devant bénéficier chacun d’un montant de 1.100.000 ouguiyas soit un total chiffré à 91.300.000 ouguiyas. Or nous savons que les inspecteurs sont de cette catégorie B et qu’ils ne sont que quatre répertoriés. D’où viennent les 79 autres ? S’il s’agit des gradés rajoutés dans la colonne catégorie B, ils n’ont touché que 1.000.000 d’ouguiyas.
Quotidien de Nouakchott : Y a t-il d’autres problèmes qui émaillent cette opération d’indemnisation ?
Maintenant tout se passe bien depuis que les autorités ont corrigé « l’erreur » de départ sur l’indemnisation de 900.000 ouguiyas au lieu d’un millions d’ouguiyas. Cela dit, je signale la lenteur de l’opération et surtout qu’ils ont encore changé le programme relatif au paiement de l’indemnisation. Désormais la commission ne travaille que les lundi et mercredi, et malheureusement le service de paierie du trésor public arrête ses opérations à 13 heures.
Quotidien de Nouakchott : S’agissant du volet des retraites, il semble que les policiers victimes de ces évènements de 1989 seront tous mis à la retraite qu’ils aient ou non atteint l’âge de la retraite. Qu’en est-il exactement ?
Ce volet n’a pas encore été abordé. Il ne le sera qu’après l’indemnisation en cours je pense bien. Toujours est-il que je trouve cela injuste et immoral. Le ridicule ne tue jamais dans ce pays. Sinon que craignent-ils ? Ou bien alors, veulent-ils nier l’évidence des tortures et autres traitements inhumains et dégradants infligés durant cette période à des citoyens authentiques de ce pays ? Près de la moitié des militaires victimes des évènements de 1990 à 1991 ont été réintégrés dans leur corps d’origine et pourquoi pas les policiers qui sont de surcroît fonctionnaires ?
De toute façon, nous attirons l’attention du président de la République sur cette décision du ministre de l’intérieur qui ne concoure pas au règlement définitif de ce dossier. D’ailleurs pourquoi une retraite proportionnelle dans la mesure où le chef de l’Etat lui-même a reconnu le tord fait aux victimes des évènements de 89 et l’ayant conduit à se rendre à Kaédi pour y présider une cérémonie de prière aux morts. Pourquoi vouloir assimiler notre cas à celui des victimes militaires et donner une retraite à 15 ans ?
Cela est contraire aux lois de la fonction publique. Refuser la réintégration des policiers victimes des évènements de 89, très bien formés ne va pas dans le sens de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Nous sommes convaincus de la bonne volonté du chef de l’État mais ceux qui sont chargés de la traduction de cette volonté dans les faits mettent tout à l’eau.
Propos recueillis par Moussa Diop
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