En marge de l’assemblée générale des caisses Djiké, ouverte le 03 juin, nous avons rencontré Diagana Fodiyé Amadou, expert en Micro finance au niveau du projet de renforcement des acteurs de la micro finance (PRECAMF). Dans l’entretien, il est question de ce projet et de l’impact des institutions de micro finance sur la lute contre la pauvreté.
QDN : Présentez-nous le PRECAMF
C’est un projet cofinancé par la banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement mauritanien à hauteur respectivement de 75 et 25% d’un coût global de 03 milliards d’UM. Ce projet vise à renforcer les capacités des institutions de micro fiance. Ila été lancé en novembre 2007 et sera clôturé le 31 décembre 2013.
Dans le cadre de ses activités, le projet a appuyé l’émergence d’institutions de micro fiances en milieu rural. Il en existe 22 dont neuf appartenant au réseau des CAPEC, 04 au réseau Djiké et six autres au profit d’autres réseaux partenaires. L’appui du projet a ces réseaux est divers ; Il y a la mise a disposition d’équipements de bureau, de matériel informatique, de coffres…
Il y a aussi le renforcement des capacités du personnel des caisses (caissiers, gérants, agents de crédits…), la formation de 1500 entrepreneurs en GERME (gérer mieux votre entreprise.) 20 000 client des institutions de micro finances ont été formés. Toutes ces activités ont été entièrement réalisées.Dans le cadre du PRECAMF, d’autres activité sont à réaliser dont l’appui aux institutions qui encadrent et qui sont la tutelle de la micro finance (BCM, ministère de l’emploi et de la formation professionnelle)
QDN : Concrètement, quel est l’impact des institutions de micro finance en termes de lutte contre la pauvreté ?
Les institutions de micro finances se sont installées dans des zones ou il n’y avait aucun service financier de base. C’est l’exemple de la zone de l’aftout classée plus pauvre de la Mauritanie ou les populations avaient été habituées aux dons et autres subventions. Aujourd’hui, dans cette zone, existent des caisses d’épargne et de crédits qui opèrent et offrent des services financiers.
Les populations contractent des prêts pour mener des activités génératrices de revenus. Il y a eu des changements de mentalité en termes d’épargnes et non de thésaurisation. Le peu d’argent que les gens avaient, était gardé dans les maisons. Aujourd’hui, ils ont des lieux sécurisés pour le garder. Ensuite, grâce au service transfert, des populations situées dans des lieux enclavés et éloignés peuvent recevoir de l’argent des centres urbains et même de l’étranger en un temps record.
Un autre indicateur, ce sont les marchés hebdomadaires au Hodh El Gharbi. L’arrivée des caisses d’épargne et de crédit a donné a ces marchés plus de dynamisme avec la circulation de l’argent. Il y a en cours une étude sur l’impact du PRECAMF, notamment en matière de lutte contre la pauvreté et qui, déjà, a montré certains indicateurs positifs. Tout n’est pas rose mais c’est quand même un projet qui a su faire bouger les lignes en termes d’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables dans des zones reculés de la Mauritanie ?
QDN : Vous dites tout n’est pas rose, quelles sont les contraintes ?
L’une des principales contraintes au développement d’une institution de micro finance, c’est l’absence de remboursement adéquat des fonds mis à la disposition des clients. Dans les zones rurales, souvent soumis aux aléas climatiques, il suffit d’une sécheresse ou d’une inondation pour détruire l’outil de production d’une activité d’élevage ou d’agriculture. Il faut alors trouver une entente avec le bénéficiaire car les institutions de micro finance ont pour but d’aider les populations à sortir des difficultés.
Le retard mis dans le recouvrement constitue un handicap pour le développement de services de micro fiances. Les institutions de micro finance collectent de l’épargne, donc elles ont cette contrainte de transfert de fonds de leurs coffres vers les banques primaires. Ce risque d’aller et venu de fonds ne peut être occulté.
Une autre contrainte majeure, c’est la diversification des activités. Du fait du déficit de diversification, le secteur arrive rapidement à saturation. Et, l’innovation en matière de petites et micro entreprises pose problème. Le projet avait initié une étude sur les créneaux porteurs qui consistait à l’identification des activités rentables.
Mais ces activités rentables, une fois identifiées, tout le monde s’y adonnent et ça arrive rapidement à saturation. L’innovation s’impose donc et il faudrait qu’il y ait un accompagnement, un suivi de la part des institutions de micro finances pour que les clients s’investissent dans des activités diverses et rentables.
Propos recueillis par Khalilou Diagana
QDN : Présentez-nous le PRECAMF
C’est un projet cofinancé par la banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement mauritanien à hauteur respectivement de 75 et 25% d’un coût global de 03 milliards d’UM. Ce projet vise à renforcer les capacités des institutions de micro fiance. Ila été lancé en novembre 2007 et sera clôturé le 31 décembre 2013.
Dans le cadre de ses activités, le projet a appuyé l’émergence d’institutions de micro fiances en milieu rural. Il en existe 22 dont neuf appartenant au réseau des CAPEC, 04 au réseau Djiké et six autres au profit d’autres réseaux partenaires. L’appui du projet a ces réseaux est divers ; Il y a la mise a disposition d’équipements de bureau, de matériel informatique, de coffres…
Il y a aussi le renforcement des capacités du personnel des caisses (caissiers, gérants, agents de crédits…), la formation de 1500 entrepreneurs en GERME (gérer mieux votre entreprise.) 20 000 client des institutions de micro finances ont été formés. Toutes ces activités ont été entièrement réalisées.Dans le cadre du PRECAMF, d’autres activité sont à réaliser dont l’appui aux institutions qui encadrent et qui sont la tutelle de la micro finance (BCM, ministère de l’emploi et de la formation professionnelle)
QDN : Concrètement, quel est l’impact des institutions de micro finance en termes de lutte contre la pauvreté ?
Les institutions de micro finances se sont installées dans des zones ou il n’y avait aucun service financier de base. C’est l’exemple de la zone de l’aftout classée plus pauvre de la Mauritanie ou les populations avaient été habituées aux dons et autres subventions. Aujourd’hui, dans cette zone, existent des caisses d’épargne et de crédits qui opèrent et offrent des services financiers.
Les populations contractent des prêts pour mener des activités génératrices de revenus. Il y a eu des changements de mentalité en termes d’épargnes et non de thésaurisation. Le peu d’argent que les gens avaient, était gardé dans les maisons. Aujourd’hui, ils ont des lieux sécurisés pour le garder. Ensuite, grâce au service transfert, des populations situées dans des lieux enclavés et éloignés peuvent recevoir de l’argent des centres urbains et même de l’étranger en un temps record.
Un autre indicateur, ce sont les marchés hebdomadaires au Hodh El Gharbi. L’arrivée des caisses d’épargne et de crédit a donné a ces marchés plus de dynamisme avec la circulation de l’argent. Il y a en cours une étude sur l’impact du PRECAMF, notamment en matière de lutte contre la pauvreté et qui, déjà, a montré certains indicateurs positifs. Tout n’est pas rose mais c’est quand même un projet qui a su faire bouger les lignes en termes d’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables dans des zones reculés de la Mauritanie ?
QDN : Vous dites tout n’est pas rose, quelles sont les contraintes ?
L’une des principales contraintes au développement d’une institution de micro finance, c’est l’absence de remboursement adéquat des fonds mis à la disposition des clients. Dans les zones rurales, souvent soumis aux aléas climatiques, il suffit d’une sécheresse ou d’une inondation pour détruire l’outil de production d’une activité d’élevage ou d’agriculture. Il faut alors trouver une entente avec le bénéficiaire car les institutions de micro finance ont pour but d’aider les populations à sortir des difficultés.
Le retard mis dans le recouvrement constitue un handicap pour le développement de services de micro fiances. Les institutions de micro finance collectent de l’épargne, donc elles ont cette contrainte de transfert de fonds de leurs coffres vers les banques primaires. Ce risque d’aller et venu de fonds ne peut être occulté.
Une autre contrainte majeure, c’est la diversification des activités. Du fait du déficit de diversification, le secteur arrive rapidement à saturation. Et, l’innovation en matière de petites et micro entreprises pose problème. Le projet avait initié une étude sur les créneaux porteurs qui consistait à l’identification des activités rentables.
Mais ces activités rentables, une fois identifiées, tout le monde s’y adonnent et ça arrive rapidement à saturation. L’innovation s’impose donc et il faudrait qu’il y ait un accompagnement, un suivi de la part des institutions de micro finances pour que les clients s’investissent dans des activités diverses et rentables.
Propos recueillis par Khalilou Diagana
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