Les militants anti-esclavagistes mauritaniens se sont rassemblés devant les bureaux de Radio Coran au début du mois pour protester contre une émission controversée portant sur le sujet de l'esclavage.
Les activistes de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) ont déclaré que ce programme radiophonique, diffusé le 9 juillet, faisait l'apologie de l'esclavage à travers les échanges survenus entre l'animateur et un faqih, qui discutaient de hadiths traitant de la vente d'êtres humains.
Les militants ont brandi des bannières dénonçant cette apologie présumée de l'esclavage lors de conférences et de cours, alors qu'une telle pratique est interdite par la loi.
Pour sa part, le Parti de l'alliance populaire progressiste a condamné dans un communiqué publié le 17 juillet la diffusion de cette émission, affirmant qu'elle contribuait à consolider un phénomène appartenant au passé et susceptible de menacer la sécurité et la paix sociale.
"La diffusion par Radio Coran de programmes sur ce phénomène est considérée comme une tentative de perpétuation de l'esclavage, en tentant de légaliser ses méthodes", indique ce communiqué. "L'épisode ressemblait davantage à une publicité en faveur de l'esclavage qu'au rappel de l'interdiction de cette pratique, telle qu'elle est entérinée dans la constitution."
Le communiqué ajoute que "plusieurs émissions similaires ont été diffusées et que personne n'a rien dit ni n'a rien fait à ce sujet. Les responsables de la programmation ont ainsi pu continuer leurs missions, et les contrôleurs dirigeant les institutions et les responsables de la gestion de ces émissions ont été en mesure de continuer sans que personne ne vienne les en défier".
Pour sa part, Mohamed Mustafa Ould Badr al-Din, parlementaire de l'Union des forces de progrès (UFP), a critiqué l'émission devant le parlement, affirmant qu'elle reflétait le manque de sérieux affiché par le gouvernement actuel dans la lutte contre l'esclavage.
Les autorités mauritaniennes, soumises à la pression des responsables politiques et des groupes de défense des droits de l'Homme, sont passées à l'action pour résoudre le problème. Le 17 juillet, le ministère des Affaires islamiques a donc renvoyé de son poste de conseiller aux Affaires islamiques le faqih Ahmed Ould Ahl Daoud. La station a également démis de ses fonctions l'animateur du programme Moustapha Omar, pour "ne pas être intervenu dans l'orientation de l'émission", a rapporté Aqlame.com.
Dans une déclaration faite à Magharebia concernant les circonstances du renvoi d'Ahl Daoud, une source proche de ce dernier fait savoir qu'il "n'a pas voulu heurter les sensibilités, et que son objectif n'est pas de consolider l'esclavage ; il n'a fait que parler de certaines règles présentes dans les Livres du fiqh, écrits à une époque où l'esclavage était une pratique courante, et qu'il ne veut en aucun cas appliquer à la situation actuelle, où personne ne peut approuver ou justifier l'esclavage".
"Mais l'affaire a été politisée par certains parlementaires et sortie de son contexte", a-t-il ajouté. "Ahmed Ould Ahl Daoud n'approuve pas l'esclavage en Mauritanie, et il n'a parlé que de théories scientifiques".
Pour sa part, le journaliste limogé, Moustapha Omar, a expliqué à Magharebia : "Je n'ai jamais prôné la pratique de l'esclavage car je suis convaincu et conscient qu'il n'existe plus ; s'il existe, je le condamne".
"Mais la station de radio a bien compris que je n'ai jamais franchi les limites qui avaient été définies", a-t-il poursuivi. "De plus, la direction de la radio connaît les contenus des livres que nous avons étudiés ; je me suis entendu avec elle pour enseigner le contenu de ces livres, et il n'est donc pas juste, maintenant, de faire de moi un bouc émissaire."
Pour sa part, Ali Ould Rafie, un militant, a expliqué à Magharebia que l'initiative prise par le gouvernement concernant le renvoi des deux responsables de l'émission est "une démarche positive dans la lutte contre l'esclavage". "Mais nous aimerions que de telles démarches soient plus nombreuses, afin de garantir que cette tragédie ne se répète pas", a-t-il ajouté.
Magharebia
Les activistes de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) ont déclaré que ce programme radiophonique, diffusé le 9 juillet, faisait l'apologie de l'esclavage à travers les échanges survenus entre l'animateur et un faqih, qui discutaient de hadiths traitant de la vente d'êtres humains.
Les militants ont brandi des bannières dénonçant cette apologie présumée de l'esclavage lors de conférences et de cours, alors qu'une telle pratique est interdite par la loi.
Pour sa part, le Parti de l'alliance populaire progressiste a condamné dans un communiqué publié le 17 juillet la diffusion de cette émission, affirmant qu'elle contribuait à consolider un phénomène appartenant au passé et susceptible de menacer la sécurité et la paix sociale.
"La diffusion par Radio Coran de programmes sur ce phénomène est considérée comme une tentative de perpétuation de l'esclavage, en tentant de légaliser ses méthodes", indique ce communiqué. "L'épisode ressemblait davantage à une publicité en faveur de l'esclavage qu'au rappel de l'interdiction de cette pratique, telle qu'elle est entérinée dans la constitution."
Le communiqué ajoute que "plusieurs émissions similaires ont été diffusées et que personne n'a rien dit ni n'a rien fait à ce sujet. Les responsables de la programmation ont ainsi pu continuer leurs missions, et les contrôleurs dirigeant les institutions et les responsables de la gestion de ces émissions ont été en mesure de continuer sans que personne ne vienne les en défier".
Pour sa part, Mohamed Mustafa Ould Badr al-Din, parlementaire de l'Union des forces de progrès (UFP), a critiqué l'émission devant le parlement, affirmant qu'elle reflétait le manque de sérieux affiché par le gouvernement actuel dans la lutte contre l'esclavage.
Les autorités mauritaniennes, soumises à la pression des responsables politiques et des groupes de défense des droits de l'Homme, sont passées à l'action pour résoudre le problème. Le 17 juillet, le ministère des Affaires islamiques a donc renvoyé de son poste de conseiller aux Affaires islamiques le faqih Ahmed Ould Ahl Daoud. La station a également démis de ses fonctions l'animateur du programme Moustapha Omar, pour "ne pas être intervenu dans l'orientation de l'émission", a rapporté Aqlame.com.
Dans une déclaration faite à Magharebia concernant les circonstances du renvoi d'Ahl Daoud, une source proche de ce dernier fait savoir qu'il "n'a pas voulu heurter les sensibilités, et que son objectif n'est pas de consolider l'esclavage ; il n'a fait que parler de certaines règles présentes dans les Livres du fiqh, écrits à une époque où l'esclavage était une pratique courante, et qu'il ne veut en aucun cas appliquer à la situation actuelle, où personne ne peut approuver ou justifier l'esclavage".
"Mais l'affaire a été politisée par certains parlementaires et sortie de son contexte", a-t-il ajouté. "Ahmed Ould Ahl Daoud n'approuve pas l'esclavage en Mauritanie, et il n'a parlé que de théories scientifiques".
Pour sa part, le journaliste limogé, Moustapha Omar, a expliqué à Magharebia : "Je n'ai jamais prôné la pratique de l'esclavage car je suis convaincu et conscient qu'il n'existe plus ; s'il existe, je le condamne".
"Mais la station de radio a bien compris que je n'ai jamais franchi les limites qui avaient été définies", a-t-il poursuivi. "De plus, la direction de la radio connaît les contenus des livres que nous avons étudiés ; je me suis entendu avec elle pour enseigner le contenu de ces livres, et il n'est donc pas juste, maintenant, de faire de moi un bouc émissaire."
Pour sa part, Ali Ould Rafie, un militant, a expliqué à Magharebia que l'initiative prise par le gouvernement concernant le renvoi des deux responsables de l'émission est "une démarche positive dans la lutte contre l'esclavage". "Mais nous aimerions que de telles démarches soient plus nombreuses, afin de garantir que cette tragédie ne se répète pas", a-t-il ajouté.
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