'' Au cours d'une rencontre récente avec des travailleurs mauritaniens dans un foyer parisien ( tous négro-africains) - comme chacun le sait, ces travailleurs vivent et font vivre leurs familles restées au pays au prix de leur sang parfois même au prix de leur vie- plusieurs d'entre eux ont intervenu pour décrire la situation inextricable et alarmante dans laquelle les autorités de leur propre pays ont décidé de les imposer depuis le déclenchement de l'enrôlement dit biométrique:
Ils vous expliquent que déjà certains entre eux, ils sont nombreux, ont désormais perdu non seulement leurs boulots et qu'ils ne peuvent même plus pouvoir rentrer chez eux, la Mauritanie, pour une simple raison inimaginable, ils n'ont plus de papiers. Il vous explique que le pire et le plus insupportable pour eux est aussi et surtout la situation de précarité que vivent leurs enfants en Mauritanie. Ils vous disent que leurs progénitures vivants au pays subissent les conséquences les plus désastreuses- pour un enfant- de leur non enrôlement. Ils vous informent que désormais ces enfants ne peuvent même plus s'inscrire et se présenter à leurs examens et concours.
Lorsque vous êtes devant ces hommes de trente à soixante ans et même plus, qui vous parlent de leurs conditions à vous, et que vous apercevez brusquement les nerfs qui lâchent et des larmes qui coulent à un coin de l'œil et qu'ils cherchent malgré tout à vous les cacher, alors vous comprenez vite combien les blessures sont profondes. Face à telle situation de grande détresse vous aurez vous même du mal à contenir les vôtres.
Au fil du temps, pendant que ces hommes expriment leur désarroi leur impuissance totale devant ce sort injuste qui les frappe, vous sentez l'émotion monter et se généraliser autour de vous, alors vous ne pouvez que quitter cette rencontre, le cœur gros, habité par un sentiment de révolte intense sourde et contenue. Et vous rentez chez-vous en étant marqué sans doute pour très longtemps.
Tout cela démontre l'intensité des frustrations, des injustices qui s'accumulent dans ce pays chaque jour un peu plus. Il apparait évident que ces malaises profondes ne pourraient pas être contenues encore pendant longtemps. Elles finiront inéluctablement par s'exprimer un jour, avec vigueur et très probablement avec brutalité''.
Baba Maréga
Ils vous expliquent que déjà certains entre eux, ils sont nombreux, ont désormais perdu non seulement leurs boulots et qu'ils ne peuvent même plus pouvoir rentrer chez eux, la Mauritanie, pour une simple raison inimaginable, ils n'ont plus de papiers. Il vous explique que le pire et le plus insupportable pour eux est aussi et surtout la situation de précarité que vivent leurs enfants en Mauritanie. Ils vous disent que leurs progénitures vivants au pays subissent les conséquences les plus désastreuses- pour un enfant- de leur non enrôlement. Ils vous informent que désormais ces enfants ne peuvent même plus s'inscrire et se présenter à leurs examens et concours.
Lorsque vous êtes devant ces hommes de trente à soixante ans et même plus, qui vous parlent de leurs conditions à vous, et que vous apercevez brusquement les nerfs qui lâchent et des larmes qui coulent à un coin de l'œil et qu'ils cherchent malgré tout à vous les cacher, alors vous comprenez vite combien les blessures sont profondes. Face à telle situation de grande détresse vous aurez vous même du mal à contenir les vôtres.
Au fil du temps, pendant que ces hommes expriment leur désarroi leur impuissance totale devant ce sort injuste qui les frappe, vous sentez l'émotion monter et se généraliser autour de vous, alors vous ne pouvez que quitter cette rencontre, le cœur gros, habité par un sentiment de révolte intense sourde et contenue. Et vous rentez chez-vous en étant marqué sans doute pour très longtemps.
Tout cela démontre l'intensité des frustrations, des injustices qui s'accumulent dans ce pays chaque jour un peu plus. Il apparait évident que ces malaises profondes ne pourraient pas être contenues encore pendant longtemps. Elles finiront inéluctablement par s'exprimer un jour, avec vigueur et très probablement avec brutalité''.
Baba Maréga
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