Crise : Le Pouvoir paye ses erreurs cash

La crise politique est en train de prendre une autre tournure, avec l’arrivée, dans le camp de l’opposition du colonel à la retraite, ancien chef d’Etat-major de l’Armée sous la Transition militaire 2005-2007, Abderrahmane Ould Boubacar, et le désaveu fracassant du dialogue par un autre colonel, président de parti (Hamam), Mohamed Ould Lek’hal. Ce sont là, les deux coups durs que le pouvoir d’Aziz a reçus, au moment où il cherche à montrer que tout va " bien dans le meilleur des mondes possibles ".



Crise : Le Pouvoir paye ses erreurs cash
L’opposition du colonel Ould Boubacar, qui était, dimanche dernier, en première ligne des personnalités qui ont accueilli à Aleg la délégation de la Coordination de l’opposition démocratique (COD), au pouvoir d’Aziz n’étonne pas. Il faut remonter aux causes directes même du coup d’Etat (la " Rectification ") du 06 août 2008 contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi pour comprendre qu’elle relève bien de cette " querelle entre les Anciens et les Modernes " à laquelle il faut, bien sûr, attacher la volte-face du colonel Ould Lek’hal contre le dialogue et remonter - aussi - à ce qui peut lier ces deux hommes à l’ancien colonel-président Ely Ould Mohamed Vall. Certes ces colonels qui appartiennent à la vieille génération n’ont plus grand-chose à avoir avec l’armée, mais ils pourraient bien penser aujourd’hui que leurs cadets leur ont brûlé la politesse, en jouant serré avec eux en politique pour s’adjuger des grades de généraux !

Mais il y a aussi que le colonel Ould Boubacar semble reprocher à ses anciens compagnons d’armes de " mélanger les genres ", déclarant, lors de son apparition officielle avec la COD (Coordination de l’opposition démocratique) à Aleg, que son appartenance à l’armée et sa fonction lui interdisaient de faire de la politique mais que maintenant qu’il est à la retraite, il a décidé de " jouer un rôle politique ". Il faut aussi, incontestablement, resituer cette opposition dans le cadre des leaderships locaux, à travers la montée des généraux dans leurs fiefs respectifs et la tentative de retour en force des pouvoirs traditionnels locaux. Dans ce cadre, Ould Boubacar détient de précieuses cartes dans ses mains et leur redistribution au niveau de la moughataa d’Aleg - et du Brakna de manière générale - ne manquera pas de saveur politique à la faveur des prochaines élections municipales et législatives.

L’ancien chef d’état-major de l’armée à ajouté qu’il va militer, dans un premier temps, au sein de la COD, en tant " qu’entité unie ", en attendant de choisir un parti politique parmi les formations qui la composent. Le colonel Ould Boubacar qui a été rappelé, en pleine " fronde " contre Sidi pour réoccuper le poste de chef d’état-major de l’armée, a été la cause directe du coup d’Etat contre " le premier président démocratiquement élu en Mauritanie ". Son entrée en politique, bien que ne se faisant pas encore au nom d’un parti, s’inscrit dans cette vague d’oppositions à un pouvoir qui n’enregistre, depuis quelque temps, que désaveu sur désaveu.

Un rude coup pour le dialogue

C’est aussi dans le même ordre d’idée qu’il faut placer la sortie de Hamam de l’opposition " participationniste " et de son retour, suivant la logique des vases communicants, dans le giron de la COD.

Hamam, considéré par de nombreux observateurs comme " un poids léger " récemment venu à la politique, et bien qu’aucun scrutin n’ait encore permis de juger de son assise populaire, porte là un rude coup au dialogue censé avoir permis à la Mauritanie de trouver une issue pacifique à la crise. La lenteur prise dans la mise en œuvre des résultats de ce dialogue, mais surtout la possibilité de voir les élections municipales et législatives ajournées jusqu’à 2014 (date de fin de mandat d’Aziz) n’enchante apparemment le parti du colonel à la retraite Ould Lak’hal, qui n’hésite pas à appeler à la démission du gouvernement et à l’organisation d’une présidentielle anticipée. Une voie toute tracée, il faut le reconnaître, pour mettre un terme à une situation politique équivoque, qui pèse, de plus en plus, sur la vie des populations et qui hypothèque l’avenir de la démocratie dans le pays. En se retirant de ce qu’on appelait communément ici " l’opposition participationniste ", et qui ne compte plus que trois partis, Hamam évoque " un rendez-vous avec l’histoire " qu’il ne fallait pas manquer en dénonçant ce dialogue qui, en réalité, " ne sert pas l’intérêt national ". Parce que, note le parti de Ould Lek’hal, le pouvoir n’a pas œuvré, réellement, à " instaurer une confiance qui préside à l’adoption de loi de nature à traduire dans la réalité les clauses du dialogue en temps convenu ". Dans cet ordre d’idée, Hamam rejoint même les thèses de la COD déclarant que le parlement actuel, tout comme les conseils municipaux, n’ont plus aucune légitimité et que le premier ne peut plus adopter des lois sans donner cette impression de " construire sur le faux ".

Pour Hamam, le pays traverse aujourd’hui une situation jamais connue dans son histoire. Pire, ajoute Hamam dans son communiqué, " le pouvoir n’a fait face aux multiples défis que par plus de mauvaise gestion ". Pour cette raison, l’équipe que dirige actuellement le Premier ministre Moulay Ould Mohamed Laghdaf doit démissionner et céder la place à un gouvernement d’unité nationale qui doit superviser une nouvelle transition et organiser des élections générales libres et transparentes sous le contrôle bienveillant d’observateurs internationaux.

Face à la situation politique actuelle, et aux problèmes économiques et sociaux de toutes sortes, Ould Lek’hal vient de proposer à Aziz la seule solution qui lui permettrait, peut-être de rebondir à nouveau, s’il parvient à remettre en jeu son fauteuil et à le récupérer de manière transparente.

Sneiba Mohamed



Vendredi 24 Février 2012
Boolumbal Boolumbal
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