Conférence de presse IRA : « Les Haratines doivent aider l’Etat contre la pression des esclavagistes »



Conférence de presse IRA : « Les Haratines doivent aider l’Etat contre la pression des esclavagistes »
Birame Ould Dah Ould Abeid a animé hier, mardi 13 février 2013, une conférence de presse au cours de laquelle il est revenue sur l’affaire de Rahme Mint Legreïvy, actuellement en prison pour pratiques esclavagistes, tout en fustigeant la mobilisation sans précédent des tribus et des partis esclavagistes en faveur de ce cas inédit. L’occasion pour lui d’inviter à ce propos, les forces progressistes et les Haratines à soutenir la volonté de l’Etat mauritanien, soumis à de fortes pressions pour avoir décider enfin de mettre en application effective la loi de 2007 qui condamne les pratiques esclavagistes

tout en fustigeant la mobilisation sans précédent des tribus et des partis esclavagistes en faveur de ce cas inédit. L’occasion pour lui d’inviter à ce propos, les forces progressistes et les Haratines à soutenir la volonté de l’Etat mauritanien, soumis à de fortes pressions pour avoir décider enfin de mettre en application effective la loi de 2007 qui condamne les pratiques esclavagistes. Le cas du notaire Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Maaloum, accusé d’avoir « blanchi un cas d’esclavage en un travail domestique normal » a été fustigé par IRA qui demande sa radiation pure et simple.

Lors de la conférence de presse qu’il a animée hier, mardi 13 février 2013 à l’hôtel Khatter de Nouakchott, le président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), Birame Ould Dah Ould Abeid a annoncé l’intention de son organisation de poursuivre dès le vendredi 15 février prochain, la dernière phase du périple de la « Caravane de la Liberté » qui l’avait conduit du 26 au 29 janvier dernier dans les régions orientales du pays et qui devra le mener cette fois-ci vers les régions du Nord, notamment Nouadhibou, Zouerate, Atar et Inchiri.

Surfant sur ce qu’il appelle la « Deuxième résurgence du mouvement IRA », après l’incinération des livres aux termes duquel beaucoup l’avaient cru fini, Birame a donné un avertissement à tous « ces esclavagistes qui avaient repris du poil de la bête après cet évènement, en ramenant leurs esclaves », en leur faisant comprendre que le combat se poursuit et qu’il sera implacable. « L’emprisonnement de Rahme Mint Legreïvy, une institutrice de la haute aristocratie maure, doit faire comprendre aux autres qu’ils n’ont plus que deux choix : ou persister dans les pratiques esclavagistes et finir leurs jours en prison, ou cesser cette ignoble exploitation anti Islamique » dira-t-il. Sur la table de conférence, se tenaient Salma et ses deux fils Bilal et Saleck, longtemps esclaves de la famille Ehel Legreïvy, selon leurs propres aveux.

« Que peuvent dire aujourd’hui les Ulémas et tous ces leaders politiques, comme Tawassoul et Hatem, du cas de cette vieille femme qui est restée pendant 60 ans esclaves, et que sa maîtresse Marième Mint Sidi Salem a privé de mariage, la poussant sur la voie de la fornification de laquelle elle a eu ses enfants dont elle ignore les pères ? » s’est-il exclamé avec une indignation qui a fait monter le courroux de l’assistance. « Tout cela, ce sont les idées de Khlil et de ses apôtres qui les ont implantés dans les esprits des érudits mauritaniens, formés pendant des générations à croire dur comme fer, que l’esclavage est un acte religieux légal ». Et Birame de se révolter « comment alors vont-ils se défendre devant Allah lorsqu’on leur demandera de quel droit ont-ils réduit leurs prochains en simples objets, sans droit de mariage, sans droit d’héritage, sans droit à l’instruction » soulignant que Salma et ses enfants n’ont jamais prié ni jeûner, parce que leurs maîtres ne leur ont pas appris les règles élémentaires de la religion.

Pour finir, Birame considère aujourd’hui qu’une implacable bataille s’annonce entre les forces du Bien et les forces du Mal. Selon lui, toutes les tribus maures et les partis politiques dont certains de l’opposition exercent de fortes pressions sur l’Etat mauritanien, « qui s’est révélé plus progressiste que tous », afin que Rahme Mint Legreïvy soit libérée et le dossier de Salma et de ses enfants, renvoyés aux calendes grecques. « Le combat se situe à ce niveau, déclarera Birame, et nous l’emporterons ».

Encadré

Prix Front Line Defender 2013 : Birame parmi les six sélectionnés

Le Prix Front Line Defender qui récompense chaque année la personnalité qui s’est la plus distinguée dans le domaine des droits humains en danger, a présélectionné six personnes, sur les 100 personnalités les plus en vue, pour l’obtention du prix pour l’année 2013. Parmi ces personnalités, Birame Ould Dah Ould Abeid de Mauritanie, à coté de candidats venus d’Iran, du Cambodge, du Kenya, de Colombie et d’Ouzbekistan. Le choix a eu lieu le 28 janvier 2013 de la part d’un jury international comprenant le Parlement et l’Assemblée irlandaise, le Parlement Européen, des ministres et sénateurs européens et un membre du Conseil d’administration de Front Line Defender.Le nom du lauréat sera annoncé lors d’une cérémonie qui aura lieu à Dublin (Irlande) au cours de l’année.

Selon Jim Loughran, contacté par email par L’Authentique, sur les raisons qui ont poussé au choix de Birame Ould Dah Ould Abeid, « Birame a travaillé pendant des années dans un contexte difficile où le gouvernement a fait des promesses mais où la réalité est tout à fait différente. Birame travaille pour en finir avec une pratique qui est un abus total et inacceptable de presque tous les droits les plus fondamentaux ». Jim estime que le président d’IRA « a résisté aux menaces, à l’harcèlement continue, à l’arrestation et aux risques d’attaques physiques et c’est pour cet esprit de résistance qu’il a été sélectionné ». Pour le chargé de communication de Front Line Defenders, « la sélection de Birame comme un des six finalistes sélectionnés sur un total de 90, de partout dans le monde, témoigne de son courage et de l’efficacité de son travail ».Lors de la conférence de presse qu’il a organisé mardi 13 février 2013, Birame souligne deux autres critères fondamentaux qui ont prévalu à sa sélection, le fait qu’il ait profondément contribué au changement dans son pays, en étant le premier défenseur des droits de l’homme antiesclavagiste à avoir envoyer des esclavagistes en prison (l’affaire d’Arafat en 2010) et celui qui aura le plus expressément choqué l’opinion publique dans l’esprit du Pacte international pour la liberté d’expression, en brûlant des livres religieux qui constituent un véritable Code négrier.

D’autre part, il a invité ses militants à organiser des sit-in et des manifestations devant le cabinet de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Maaloum, « le notaire qui a blanchi un cas d’esclavage en un travail domestique régulier ». Un document, selon Birame qui n’a aucune valeur juridique, parce que d’abord, de mémoire de Mauritaniens, aucune bonne ne dispose d’un contrat de travail, même au sein des autres membres de la famille Legreïvy qui emploie des bonnes et des boys. Ensuite, poursuivra-t-il en substance, ceux qui ont apposé leur index sur le document, Yemme et son frère Saleck sont analphabètes et ignorent le contenu du document qu’on leur a présenté. Selon Birame, de la radiation du notaire Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Maaloum, dépendra la crédibilité de la justice mauritanienne, indiquant que son cas sera soumis à l’intention des institutions internationales.

Cheikh Aïdara


source: http://lauthentic.info

Mercredi 13 Février 2013
Boolumbal Boolumbal
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