Ce qu’il faut retenir des tirs cinglants du capitaine K contre Aziz

Quand le président Aziz a pris le pouvoir, ses choix se sont portés, naturellement, sur des officiers de faible amplitude morale et professionnelle qui lui seraient, donc, redevables et soumis. Car le général-président évite, soigneusement, de rencontrer ceux qui daignent le regarder les yeux dans les yeux. L'avancement, aujourd'hui, dans l'armée mauritanienne ne répond pas, forcément, au besoin d'encadrement des forces ni aux critères de compétence, de moralité et, surtout, d'ancienneté. Il est l'expression de la volonté du prince, doublé de calculs politiciens et de copinage.



Ce qu’il faut retenir des tirs cinglants du capitaine K contre Aziz
Au début, faute de temps, nous n’avons pas voulu lire encore une tartine de préciosités de ce fameux capitaine qui manie la langue de Molière sans mâcher sa satisfaction à parler des incisives où se faufile, quand ça lui plaît de la montrer, une langue de serpent qui ne mord pas à mort comme d’autres stériles tirent à blanc mais marque comme les sages tirent les oreilles…


Puis, mot après mot, il a bien fallu continuer car c’est un festival de bons mots, de deïmanité en langue française : on dirait qu’AOC l’a prié gentiment de ne pas forcer en doctes références ce que le capitaine a réussi à merveille malgré quelques retours étincelants du naturel au trot.


Ainsi à la simple question du Calame :

« La Mauritanie est gouvernée, depuis le 10 juillet 1978, par les militaires, hormis la parenthèse de Sidioca. Les civils disent que les problèmes du pays ont commencé depuis cette date. Êtes-vous de cet avis ? Pensez-vous qu’ils ont échoué dans la gestion et qu’il est temps qu’ils rentrent dans leurs casernes ? »


Le précieux répond entre autres : « …Il y a vingt-cinq siècles, Aristote disait : " tous les corps ont tendance à rejoindre leurs lieux naturels ". Sans vouloir disséquer l'anthropomorphisme aristotélicien que les lois de la pesanteur démentiront, j’affirme, avec détermination, que la place de l'Armée est dans les casernes. »

A part ces petits débordements du vase qui ne peut éternellement contenir son mérite, le capitaine parla avec une clarté de vulgarisateur averti. Ceux qui savent tout n’apprendront rien mais ils pourront lire ce qu’ils savent, dit par un militaire qui croit savoir de quoi il parle et ose le dire au nez d’Aziz et sa liberté d’expression apparemment acquise…

Ce qui est curieux quand on a déjà lu les sorties du capitaine retraité, est-il vraiment pour l’émancipation des h’ratines ? Certainement, mais en l’état du niveau d’éducation, il faut donner du temps au temps… Bien sûr, sinon ce serait le monde à l’envers… Quant à sa position vis-à-vis du « problème noir » en Mauritanie : Il en parle en humaniste qui veut la paix et l’égalité pour tous mais quand il s’agit de défendre le service militaire pour tous : là, il zigzague car il connaît la menace, admet que cela devrait être utile mais que cela coûte trop cher, de là que d’autres nations aient abandonné cette pratique…


De même au sujet de feu le colonel N’diayane, le capitaine garde la réserve du militaire enquêteur mais laisse bien entendre qu’il y a un mystère douteux à ce sujet…

Exquise honnêteté, il attaque Aziz sans ménagement, comme Sidioca d’ailleurs mais au lieu d’aiguiser le mystère au sujet des fameux 50 millions de dollars saoudiens, il en parle comme s’ils avaient bien été utilisés pour l’armée et donc non pillés par Aziz comme l’ont dit haut et fort bien des partis d’opposition respectables… Sans doute un cadeau maraboutique pour faire avaler aux lecteurs militaires aziziens d’autres couleuvres…

Nul n’est parfait, mais l’ex capitaine Ely Ould Krombélé demeure un reste admirable de la mauritanie d’hier celle qui aurait survécu si les militaires au rabais n’avaient pas pris le pouvoir. On imagine la Mauritanie avec des généraux ayant un tel esprit puis, au sujet des militaires négro-mauritaniens massacrés, on l’entend dire « ceux qui n'ont pas voulu passer à la basse besogne, comme moi, n'ont pas pu avancer. On ne vous dira jamais pourquoi mais nous savons que tous les officiers de sécurité, cette année 90-91, furent reçus au brevet de capitaine. »

Bravo donc pour cette franchise apaisée et bonne lecture car ces morceaux choisis sont vraiment formidables de courage et d’honnêteté ; j’espère qu’ils donneront envie aux lecteurs qui n’ont pas lu l’entretien d’aller le savourer chez lecalame.info…


« Le calame : Pourquoi, selon vous, Ould Abdel Aziz donne carte blanche aux chefs de cette armée, en matière de gestion ? Aucun d’entre eux n’a été contrôlé et pas un seul officier sommé de rembourser la moindre ouguiya. Seraient-ils, à ce point, tous honnêtes ?

Le capitaine - …En Mauritanie, l'impunité a atteint le point de non-retour, avec Maaouya. Elle faisait partie de sa stratégie de confiscation du pouvoir. En laissant les officiers s'arroger les prébendes, détourner l'argent public, et tutti quanti, .ils se seront souillés, aux yeux du contribuable mauritanien. Aziz, aide de camp de Maaouya depuis le 13 décembre 1984, a commencé à se faire de l'argent depuis cette date. Les années" 90 ", Aziz, alors en disgrâce, fut épaulé par Ghazwani, commandant du BB, et les deux investirent, ensemble, à Rosso, dans l'agriculture. Les années " 2000 " firent la fortune d'Aziz et les inspecteurs de l'IGE devraient commencer par lui : à tout seigneur, tout honneur. Voilà pourquoi les officiers ne peuvent pas être contrôlés car le voleur de Baghdad est un...baghdadi.



Le Calame : Notre pays a dépensé des millions de dollars pour équiper son armée. Sommes-nous bien outillés, aujourd’hui, pour faire face au terrorisme et aux trafiquants en tout genre qui écument le Sahel ?

- Oui, nous sommes bien outillés et les moyens financiers existent, pour assurer notre défense. Rien que les cinquante millions de dollars octroyés, par l'Arabie saoudite, au temps de Sidioca, devraient nous permettre de défier l'AQMI et les trafiquants de tous genres, des années durant.

Le Calame : Lors du dialogue politique qui s’est déroulé, entre septembre et octobre derniers, le pouvoir a refusé de revoir le statut du BASEP, qualifié de " milice "par une partie de l’opposition. A votre avis, pourquoi ce bataillon reste " hors cadre " et n’est pas rattaché à l’état-major de l’armée ? - D'abord, je tiens à préciser que les hommes politiques qui se " cramponnent " au dialogue avec Ould Abdel Aziz doivent cultiver la patience de Pénélope. Car rien ne viendra couronner ces interminables " palabres " qui s'affichent en moyen, plutôt qu'en issue consensuelle. Le militaire Aziz ne se pliera, jamais, à la volonté de " minables civils ".


…En 2003, lors de la tentative de coup d'Etat, le seul officier du BASEP réellement fidèle à Maaouya en est mort. C’était le courageux capitaine Ould Oudaa – paix à son âme…

…Si le BASEP reste " hors cadre ", alors que son chef est président de la République, c'est parce que ce bataillon est devenu un moyen de dissuasion et de pression, contre les pauvres hommes politiques civils et toute la société civile, persuadés que les militaires qui le composent sont, tous, prêts à mourir pour Aziz. Evidemment, il n'en est rien. Au contraire : le maintien du BASEP en dehors des rangs atteste de la fébrilité de ses chefs. Le bataillon n'est pas composé de miliciens mais, plutôt, de militaires d'ailleurs, qui mangent et dorment mal ; en tout cas, jusqu'en 2008. Le détournement de la PGA (Prime Générale d'Alimentation) des soldats étant la chose la mieux partagée, chez les officiers mauritaniens. Qu'ils soient compétents ou médiocres. Ce constat d'échec mériterait, à lui seul, de susciter les états généraux de l'Armée, bien avant ceux de la Santé ou de l'Education.

Le Calame : Il y a quelques jours, on a assisté à une série de promotions dont celle de Ghazwani, promu au plus haut grade de notre armée. Est-ce justifié ? Pourquoi le colonel Hannena Ould Sidi, un des officiers les plus brillants de sa génération, n’a toujours pas accédé au grade de général, alors que d’autres, sensiblement moins méritants que lui, y sont parvenus ?

Les premières entorses ont été commises par Sidioca qui, au lendemain de sa prise de fonction, a cru qu'en récompensant ses encombrants soutiens militaires, il s'affranchirait de leur tutelle et éloignerait, ainsi, leur retour sur le devant de la scène politique. Sans doute poussé par l'inévitable chef du BASEP, il a changé, en catimini et simultanément, les règles et dispositions légales pour promouvoir ceux-là, bouleversant, ainsi, toute la hiérarchie militaire. Cette décision inique, absurde et grave a, délibérément, redessiné l'histoire militaire, en instaurant des modalités d'avancement qui compromettront, durablement, la qualité de l'encadrement des forces armées et de sécurité…

…Quand le président Aziz a pris le pouvoir, ses choix se sont portés, naturellement, sur des officiers de faible amplitude morale et professionnelle qui lui seraient, donc, redevables et soumis. Car le général-président évite, soigneusement, de rencontrer ceux qui daignent le regarder les yeux dans les yeux. L'avancement, aujourd'hui, dans l'armée mauritanienne ne répond pas, forcément, au besoin d'encadrement des forces ni aux critères de compétence, de moralité et, surtout, d'ancienneté. Il est l'expression de la volonté du prince, doublé de calculs politiciens et de copinage.

Même Maaouya, en deux décennies de règne absolu, n'a pu franchir le Rubicon de cette injustice. Qui a accordé une prolongation de quatre années, au lieutenant-colonel Cheikh Ould Baye de la Marine ? C'est Aziz. Qui a promu le colonel Mohamed Znagui Ould Sid'Ahmed Ely au grade de général de brigade, alors même qu'il était en permission libérable ? C'est Aziz. Je ne nie pas la compétence de Znagui, au plan intellectuel, tout comme Hanené, son ami, mais fallait-il faire deux poids, deux mesures ? Voilà qui me réconforte en ma requête de procéder, ipso facto, aux états généraux des forces armées et de sécurité. Et je ne saurais conclure cet entretien en remerciant Le Calame de me donner, encore une fois, l'occasion de m'exprimer.



chezvlane

Lundi 27 Février 2012
Boolumbal Boolumbal
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