Bouclez le passif il restera béant !



Bouclez le passif il restera béant !
C’est pour la troisième fois et cette fois sans doute la dernière, que le 25 mars sera une date consacrée par le président Aziz pour « solder le passif humanitaire et sceller la réconciliation nationale ».Bien sûr tout cela reste encore du symbole, des poncifs politiques.Mais que ni le discours erratique ni les expédients matériels ne sauraient venir à bout d’un dossier grave ayant porté atteinte à la dignité humaine.

Le compteur des atrocités n’a pas encore fini de recalculer l’ampleur de ce drame qui a fait ses milliers de morts militaires et civils, laissé des séquelles physiques et psychologiques,…
sans oublier les misères matérielles engendrées par les purges, les révocations. C’est sans compter surtout avec la détermination des organisations actives des droits de l’homme et des individus épris de paix et de justice dans l’exigence de vérité et de justice.

La voie choisie par l’autorité politique supérieure du reste très simpliste pourrait lui donner l’illusion d’avoir soldé ce dossier dont elle peut se prévaloir d’être l’actrice exceptionnelle à sa façon. Dans la même « corbeille humanitaire » se retrouvent en liquidation le dossier des crimes et celui des déportations. Pour les crimes de sang la tragédie fut monstrueuse pour que tout d’un coup, on passe au-dessus des responsabilités pour se contenter de verser des indemnités, peu importe les montants attribués aux familles des victimes. Par cette démarche, aux allures d’un raccourci, les spécialistes du bâclage s’empressent de dire que toutes les façons les ayant-droit ont émargé pour prendre leurs indemnisations. Suffisant pour accréditer la décision de règlement du passif de sang.

Mais est-ce juste de protéger les auteurs de ces forfaits sans autre forme de procès, alors que par une justice transitionnelle la question pourrait être traitée dans un cadre consensuel. C’est cette approche paisible mais respectueuse des droits des victimes qui prédomine dans les collectifs de défense de ce dossier grave. Le pardon ne se décrète pas, il se cherche par des voies humanistes et morales mais pas politiques comme cela est et demeure le cas. Si au plan national la justice mauritanienne ne va jamais être compétente sur la recevabilité d’une plainte relative sur ce dossier, en revanche les tribunaux internationaux eux ont déjà été saisies de plusieurs cas de crimes commis en Mauritanie durant la période où ces tragédies ont eu lieu. En tête de peloton des hommes présumés coupables, figure l’ex-président Ould Taya dont le dossier pourrait à tout moment faire l’objet d’une enquête de la part d’un juge Belge.
Les auteurs impliqués dans ces faits gravissimes ne sont pas à l’abri de poursuites judiciaire quelque soit les délais où cette éventualité va se réaliser. Les exemples d’impunités qui ont fini par être examinés dans les tribunaux internationaux en vertu de l’impréscrivité du droit suffisent pour rappeler que le passif humanitaire mérite d’être réglé par la justice et non par une décision politique du reste unilatérale. La réconciliation nationale objet de la journée consacrée à cet événement hier à l’occasion de la visite du président à Rosso doit quant à elle se traduire par des actes et non par des strapontins accordés par les communautés marginalisées dans ce pays.

Cheikh Tidiane Dia
renovateur

Mardi 27 Mars 2012
Boolumbal Boolumbal
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