C’est par décret présidentiel rendu public jeudi 14 février dernier que le ministre de la santé, Bâ Housseïnou Hamadi a été limogé. Il est remplacé à ce poste par Ahmedou Ould Hademine Ould Jelvoune.
Les raisons de ce limogeage sont à mettre au compte des conclusions du rapport de la commission d’enquête indépendante qui avait été mise sur pied à l’effet de faire toute la lumière sur le décès d’enfants à R’kiz, à la suite d’une campagne de vaccination. On se rappelle que ce drame qui s’est produit à R’kiz, Bâ Housseïnou Hamadi accompagné de son Staff débarquait en catimini dans la capitale du Tarza.
Le lendemain, accompagné du wali de la région, il posait pied très tôt le matin, à R’kiz. De retour à Nouakchott, il produisait un rapport concluant à une allergie. Ce que réfutaient même plusieurs hauts cadres du département de la santé.
Des bulletins de renseignements sont remontés alors à la présidence de la République pour dire que la version servie par le département de la santé expliquant ces décès, n’était pas fondée. Raison pour laquelle le chef de l’Etat avait instruit le chef du gouvernement, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, de mettre en place une commission indépendante d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Dès lors, il était clair que Bâ Housseïnou Hamadi était assis sur un fauteuil chancelant.
D’autant que les résultats du rapport de la commission d’enquête ont mis en évidence de fautes graves, et que le président de la République a instruit le gouvernement pour que les responsabilités soient situées et que des mesures disciplinaires soient prises à l’encontre des auteurs. Un mois après la remise du rapport de la commission d’enquête au Premier Ministre, les premières sanctions tombaient. Le médecin chef Hassan Diakité et l'infirmier major Mohamedhen Ould Bella au centre de santé de R’kiz, ont écopé chacun d’une mise pied d’un mois.
En plus, ils sont les deux affectés dans d’autres wilayas. Le médecin serait affecté à Ould Yengé sans préciser le lieu de l'affectation de l'infirmier. Ces mesures ont provoqué une manifestation de la population de R’kiz qui estimait que ces sanctions étaient injustes et insuffisantes.
Il est à noter que la Commission d’Enquête Indépendante a noté les constats suivants : « les renseignements afférents aux états antérieurs des enfants victimes, au début des signes cliniques, et la chronologie, recueillis auprès des parents et témoins des faits se recoupent et sont en parfaite constance. Les témoignages du personnel de santé ayant assisté à l’accident post vaccinal corroborent ceux des parents et des témoins quant au déroulement symptomatologique du très rapide tableau clinique identique chez les quatre enfants.
Tous s’accordent sur l’immédiateté de l’endormissement et de l’arrêt de la respiration. L’authenticité du flacon envoyé pour analyse n’est pas prouvée. Toutes les personnes auditionnées (personnels de santé, de la gendarmerie…) ne peuvent attester que c’est le flacon VAR utilisé à Taiba qui a été envoyé pour expertise. Un résultat négatif de l’analyse de ce dernier confirmera que le flacon retrouvé par le chauffeur de l’ambulance, en solitaire, sept heures après la demande insistante du Walli du Trarza, ne serait pas celui qui devrait être expertisé.
Par contre, dans le cas où le flacon VAR envoyé serait le flacon incriminé, le chloride de suxamethonium y sera identifié. Les membres de la commission sont unanimes à considérer que les réactions post vaccinales au VAR ayant entraîné le décès de deux enfants, l’hospitalisation dans un état grave de deux autres, sont à mettre sur le compte d’un accident toxique impliquant le chloride de suxamethonium.
Le chloride de suxamethonium qui doit être conservé au frais, entre +2 et +8 degrés Celsius, comme les vaccins et leurs diluants, aurait été confondu avec le diluant du VAR. Cette erreur peut survenir entre les mains de personnels qualifiés à fortiori avec une fille de salle, qui ne sait ni lire ni écrire et à l’âge de la presbytie. Le chloride de suxamethonium trouvé dans la poubelle récupérée de cette campagne vaccinale, dont les effets cliniques et pharmacocinétiques cadrent parfaitement avec les manifestations des victimes, serait arrivé dans ce centre par une filière irrégulière.
L’autopsie pratiquée dans les délais requis aurait aussi permis de tracer le produit. Les experts de l’OMS consulté par la commission ont estimé qu’elle était inappropriée vu que les enfants décédés ont été inhumés depuis deux semaines ».
Moussa Diop
Source : Le Quotidien de Nouakchott
Les raisons de ce limogeage sont à mettre au compte des conclusions du rapport de la commission d’enquête indépendante qui avait été mise sur pied à l’effet de faire toute la lumière sur le décès d’enfants à R’kiz, à la suite d’une campagne de vaccination. On se rappelle que ce drame qui s’est produit à R’kiz, Bâ Housseïnou Hamadi accompagné de son Staff débarquait en catimini dans la capitale du Tarza.
Le lendemain, accompagné du wali de la région, il posait pied très tôt le matin, à R’kiz. De retour à Nouakchott, il produisait un rapport concluant à une allergie. Ce que réfutaient même plusieurs hauts cadres du département de la santé.
Des bulletins de renseignements sont remontés alors à la présidence de la République pour dire que la version servie par le département de la santé expliquant ces décès, n’était pas fondée. Raison pour laquelle le chef de l’Etat avait instruit le chef du gouvernement, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, de mettre en place une commission indépendante d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Dès lors, il était clair que Bâ Housseïnou Hamadi était assis sur un fauteuil chancelant.
D’autant que les résultats du rapport de la commission d’enquête ont mis en évidence de fautes graves, et que le président de la République a instruit le gouvernement pour que les responsabilités soient situées et que des mesures disciplinaires soient prises à l’encontre des auteurs. Un mois après la remise du rapport de la commission d’enquête au Premier Ministre, les premières sanctions tombaient. Le médecin chef Hassan Diakité et l'infirmier major Mohamedhen Ould Bella au centre de santé de R’kiz, ont écopé chacun d’une mise pied d’un mois.
En plus, ils sont les deux affectés dans d’autres wilayas. Le médecin serait affecté à Ould Yengé sans préciser le lieu de l'affectation de l'infirmier. Ces mesures ont provoqué une manifestation de la population de R’kiz qui estimait que ces sanctions étaient injustes et insuffisantes.
Il est à noter que la Commission d’Enquête Indépendante a noté les constats suivants : « les renseignements afférents aux états antérieurs des enfants victimes, au début des signes cliniques, et la chronologie, recueillis auprès des parents et témoins des faits se recoupent et sont en parfaite constance. Les témoignages du personnel de santé ayant assisté à l’accident post vaccinal corroborent ceux des parents et des témoins quant au déroulement symptomatologique du très rapide tableau clinique identique chez les quatre enfants.
Tous s’accordent sur l’immédiateté de l’endormissement et de l’arrêt de la respiration. L’authenticité du flacon envoyé pour analyse n’est pas prouvée. Toutes les personnes auditionnées (personnels de santé, de la gendarmerie…) ne peuvent attester que c’est le flacon VAR utilisé à Taiba qui a été envoyé pour expertise. Un résultat négatif de l’analyse de ce dernier confirmera que le flacon retrouvé par le chauffeur de l’ambulance, en solitaire, sept heures après la demande insistante du Walli du Trarza, ne serait pas celui qui devrait être expertisé.
Par contre, dans le cas où le flacon VAR envoyé serait le flacon incriminé, le chloride de suxamethonium y sera identifié. Les membres de la commission sont unanimes à considérer que les réactions post vaccinales au VAR ayant entraîné le décès de deux enfants, l’hospitalisation dans un état grave de deux autres, sont à mettre sur le compte d’un accident toxique impliquant le chloride de suxamethonium.
Le chloride de suxamethonium qui doit être conservé au frais, entre +2 et +8 degrés Celsius, comme les vaccins et leurs diluants, aurait été confondu avec le diluant du VAR. Cette erreur peut survenir entre les mains de personnels qualifiés à fortiori avec une fille de salle, qui ne sait ni lire ni écrire et à l’âge de la presbytie. Le chloride de suxamethonium trouvé dans la poubelle récupérée de cette campagne vaccinale, dont les effets cliniques et pharmacocinétiques cadrent parfaitement avec les manifestations des victimes, serait arrivé dans ce centre par une filière irrégulière.
L’autopsie pratiquée dans les délais requis aurait aussi permis de tracer le produit. Les experts de l’OMS consulté par la commission ont estimé qu’elle était inappropriée vu que les enfants décédés ont été inhumés depuis deux semaines ».
Moussa Diop
Source : Le Quotidien de Nouakchott
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