Aziz militairement armé, politiquement pas !



Aziz militairement armé, politiquement pas !
Le président Aziz a en deux ans de mandat encore du mal à assoir un pouvoir politique capable de résister longtemps aux vents de revendications sociales et politiques.Il a voulu bâtir un édifice avec du matériel recyclé, altérable par les souffles révolutionnaires qui n’ont pas fini d’ébranler plus d’un régime arabe.Cela pouvait il y a quelques années fonctionner et lui donner la chance de briguer encore d’autres mandats sans trop de soucis.Avant lui, Taya a pu se maintenir en dépit de ses limites et de ses nombreuses erreurs.Aziz n’était pas encore prédestiné à cette époque à prendre les commandes du pays,
et on est même tenté de dire qu’il n’en avait jamais rêvé. Mais le destin est le seul maitre qui conduit l’homme à la tête d’un pays. L’étoile « Azizienne » était dans le champ de la galaxie de ceux allaient diriger ce pays. Ce coup de chance ou coup de sort qui peut faire le bonheur peut aussi mener vers l’inconnu. L’histoire de cet homme aux airs chevaleresques est en train d’être écrite.

La première page n’est pas encore remplie mais elle est déjà émaillée d’épisodes qui présagent d’un mandat difficile qui s’écoule dans un environnement hostile où les ambitions les plus fortes sont soumises à une accélération des événements. Le contexte actuel est très mouvant pour qu’un pouvoir si fort soit-il puisse être à l’abri de séismes de haute amplitudes. Même en démocratie les armes pacifiques doivent pouvoir tenir la bataille. Sinon c’est le naufrage. Le président élu démocratiquement, Sidi Ould Cheikh Abdallahi , n’aura pas encore fini de méditer cette leçon. Pourtant, pour autant que cela paraisse trompeur, les armes politiques en la possession du président sont de faible portée pour mettre Ko tous les mouvements de contestation qui montent au gré des situations. Il ne dispose pas d’hommes politiques en mesure de lui servir de rempart contre les pressions exercées par ses adversaires qui multiplient les stratégies pour le fragiliser, ni de fins politiques capables de convaincre ses opposants de la COD. Ses députés, ses sénateurs ont certes les voix majoritaires pour faire passer ses instructions, voter les lois. Mais cela n’est pas une garantie de protection de tout le système qui présente déjà des failles nombreuses.

Toute l’armée politique de la majorité avec ses milliers d’opportunistes n’est qu’une boule de neige qui peut fondre à la moindre élévation de température. De loin il entrevoit certainement la précarité de son système mais les méthodes par lesquelles il essaie de colmater les brèches ne sont plus en mesure de résister aux changements en cours dans le monde. Quand bien même le besoin d’user de la force pour mater les contestataires devient l’arme de lutte contre les agitateurs qui menacent son palais, cela ne va pas dissuader les manifestants à intensifier les pressions. Les méthodes d’hier sont devenues anachroniques dans une démocratie qui défend des valeurs de liberté et de justice. Au demeurant il y a deux dangers qui planent sur le mandat du Président : l’absence d’ouverture réelle à toutes les forces du changement sans distinctions, la gestion solitaire et « casernienne » du pays . L’homme fort du pays a encore la possibilité de s’adapter aux exigences du contexte actuel sinon ce sera bien trop tard !

Cheikh Tidiane Dia
renovateur

Mardi 29 Mai 2012
Boolumbal Boolumbal
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