Lors du conseil des ministres du jeudi 21 mars dernier, un communiqué nous apprenait, que suite à
un décret, l’ANAIR était officiellement dissoute. Les raisons de celle-ci nous sont toujours inconnues.
Dés lors, nous nous posons un certain nombre d’interrogations.
1. Cette agence, a-t-elle atteint ses objectifs ?
2. Une évaluation de son action a-t-elle été faite en bonne et due forme ?
3. Si oui, par qui ?
4. Quelles en sont les conclusions ?
5. Au-delà des conclusions, quelles seraient les recommandations issues de l’éventuelle
évaluation ?
Sans porter un jugement tranché sur les résultats du mandat de l’ANAIR, la seule chose qui nous
semble évidente est que la dissolution de cette grosse machine n’a obéi ni aux règles ni aux
procédures d’usage en la matière. En effet, cette dissolution a été faite sans concertation avec les
différents acteurs de la société civile, notamment les associations de défense des droits des réfugiés.
Raison pour laquelle, certaines d’entre elles ont manifesté leur courroux et leur agacement par
rapport au traitement et à la terminaison de ce dossier. Ont-elles raison ? Elles ont en tout cas leurs
raisons. En tout état de cause et en toute logique, deux cas de figures me semblent importants à
analyser sur la question.
Premièrement, soit l’ANAIR n’a pas rempli sa mission ; et a donc déçu les attentes et des autorités et
des réfugiés, auquel cas sa réorganisation sur la base d’un dossier solide et bien documenté en
données quantitatives et qualitatives s’imposait pour redresser la situation. Point de dissolution,
mais restructuration générale comme cela se fait sous d’autres latitudes et pour des circonstances
similaires. Quand un gouvernement se fixe des objectifs, il essaie par tous les moyens de les
atteindre. Dans le cas qui nous concerne, considère t-il que l’ANAIR a rempli sa mission et n’a donc
plus de raison d’exister ? Nous n’en savons rien et aurions voulu savoir. Pour rappel, la mission de
l’ANAIR était d’apporter une aide d’urgence aux rapatriés et de faciliter leur insertion ou plus
exactement leur réinsertion harmonieuse dans le tissu socio-économique de notre pays.
Son budget annuel de fonctionnement était de 2 milliards de nos ouguiyas financés par nos
contribuables.
Deuxièmement, l’ANAIR a atteint ses objectifs dans toutes ses dimensions, de façon pérenne ou au
moins durable et à la satisfaction totale de toutes les parties concernées, sa dissolution s’imposerait
dans ce cas. Après concertation et avec l’accord des différentes parties prenantes. Or, si l’on en juge
de par les protestations de milieux de défense des droits de l’homme, il semblerait qu’il y ait
beaucoup d’insatisfaction suite à cette dissolution. Nous aurions préféré que le gouvernement
maintienne l’ANAIR jusqu’à ce que les nombreux problèmes que vivent les rapatriés soient résolus.
En avait-il réellement la volonté? Et les moyens financiers et logistiques ? Là également, aucune
information officielle pour éclairer notre sombre lanterne sur la question, d’où notre
incompréhension totale de ce décret. Nous regrettons la dissolution de l’ANAIR dans ces conditions
et encore davantage la très mauvaise communication qui a entouré cette dissolution. C’est
dommage. La création de l’ANAIR était une vraie bouffée d’oxygène et d’espoir pour tous ces
« desperados » rentrés qui du Sénégal, qui du Mali, qui d’ailleurs. Vont-ils réussir à survivre sans
l’ANAIR ? Wait and see. Peut-être s’attendaient-ils, comme moi et des dizaines de milliers de nos
concitoyens, à une meilleure communication pour mieux digérer cette amère pilule. Au lieu de cela,
ils et nous avons eu droit à un communiqué laconique comme toute réponse. Nous regrettons
également que, face au tollé presque général qu’à suscité cette dissolution, aucun autre
communiqué ni prise de position officielle ne soit venue rassurer les réfugiés et leurs représentants.
Et pourtant, en matière de communication institutionnelle, bien des procédés existent, dont ce que
l’on appelle dans le jargon « une communication de crise ». Sans aucun doute que celle-ci aurait
contribué à susciter de l’espoir pour une Mauritanie paisible dont tous ses fils seraient fiers.
Cordialement,
Cheikh Tidiane Diouwara
Délégué général du MPR (Europe-Amérique)
Responsable de projets du développement durable
Président du Forum des étrangers de Lausanne, www.forumetrangers.ch
Membre du comité de la Licra suisse, www.licra.ch
un décret, l’ANAIR était officiellement dissoute. Les raisons de celle-ci nous sont toujours inconnues.
Dés lors, nous nous posons un certain nombre d’interrogations.
1. Cette agence, a-t-elle atteint ses objectifs ?
2. Une évaluation de son action a-t-elle été faite en bonne et due forme ?
3. Si oui, par qui ?
4. Quelles en sont les conclusions ?
5. Au-delà des conclusions, quelles seraient les recommandations issues de l’éventuelle
évaluation ?
Sans porter un jugement tranché sur les résultats du mandat de l’ANAIR, la seule chose qui nous
semble évidente est que la dissolution de cette grosse machine n’a obéi ni aux règles ni aux
procédures d’usage en la matière. En effet, cette dissolution a été faite sans concertation avec les
différents acteurs de la société civile, notamment les associations de défense des droits des réfugiés.
Raison pour laquelle, certaines d’entre elles ont manifesté leur courroux et leur agacement par
rapport au traitement et à la terminaison de ce dossier. Ont-elles raison ? Elles ont en tout cas leurs
raisons. En tout état de cause et en toute logique, deux cas de figures me semblent importants à
analyser sur la question.
Premièrement, soit l’ANAIR n’a pas rempli sa mission ; et a donc déçu les attentes et des autorités et
des réfugiés, auquel cas sa réorganisation sur la base d’un dossier solide et bien documenté en
données quantitatives et qualitatives s’imposait pour redresser la situation. Point de dissolution,
mais restructuration générale comme cela se fait sous d’autres latitudes et pour des circonstances
similaires. Quand un gouvernement se fixe des objectifs, il essaie par tous les moyens de les
atteindre. Dans le cas qui nous concerne, considère t-il que l’ANAIR a rempli sa mission et n’a donc
plus de raison d’exister ? Nous n’en savons rien et aurions voulu savoir. Pour rappel, la mission de
l’ANAIR était d’apporter une aide d’urgence aux rapatriés et de faciliter leur insertion ou plus
exactement leur réinsertion harmonieuse dans le tissu socio-économique de notre pays.
Son budget annuel de fonctionnement était de 2 milliards de nos ouguiyas financés par nos
contribuables.
Deuxièmement, l’ANAIR a atteint ses objectifs dans toutes ses dimensions, de façon pérenne ou au
moins durable et à la satisfaction totale de toutes les parties concernées, sa dissolution s’imposerait
dans ce cas. Après concertation et avec l’accord des différentes parties prenantes. Or, si l’on en juge
de par les protestations de milieux de défense des droits de l’homme, il semblerait qu’il y ait
beaucoup d’insatisfaction suite à cette dissolution. Nous aurions préféré que le gouvernement
maintienne l’ANAIR jusqu’à ce que les nombreux problèmes que vivent les rapatriés soient résolus.
En avait-il réellement la volonté? Et les moyens financiers et logistiques ? Là également, aucune
information officielle pour éclairer notre sombre lanterne sur la question, d’où notre
incompréhension totale de ce décret. Nous regrettons la dissolution de l’ANAIR dans ces conditions
et encore davantage la très mauvaise communication qui a entouré cette dissolution. C’est
dommage. La création de l’ANAIR était une vraie bouffée d’oxygène et d’espoir pour tous ces
« desperados » rentrés qui du Sénégal, qui du Mali, qui d’ailleurs. Vont-ils réussir à survivre sans
l’ANAIR ? Wait and see. Peut-être s’attendaient-ils, comme moi et des dizaines de milliers de nos
concitoyens, à une meilleure communication pour mieux digérer cette amère pilule. Au lieu de cela,
ils et nous avons eu droit à un communiqué laconique comme toute réponse. Nous regrettons
également que, face au tollé presque général qu’à suscité cette dissolution, aucun autre
communiqué ni prise de position officielle ne soit venue rassurer les réfugiés et leurs représentants.
Et pourtant, en matière de communication institutionnelle, bien des procédés existent, dont ce que
l’on appelle dans le jargon « une communication de crise ». Sans aucun doute que celle-ci aurait
contribué à susciter de l’espoir pour une Mauritanie paisible dont tous ses fils seraient fiers.
Cordialement,
Cheikh Tidiane Diouwara
Délégué général du MPR (Europe-Amérique)
Responsable de projets du développement durable
Président du Forum des étrangers de Lausanne, www.forumetrangers.ch
Membre du comité de la Licra suisse, www.licra.ch
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