Objection mon ami Me Gourmo Abdoul Lo et salut mon ami Hacen Lebatt!



rade Ciré Ba qui dirigeait le département, je peux dire, des archives de presse à l´appui, que les FLAM furent les premières à dénoncer l´épuration ethnique au sein de l´armée et la terreur dans la vallée du fleuve.

C´est suite à notre déclaration reprise par la presse internationale que le ministre mauritanien de l´information de l´époque feu Mohamed Lemine Ould Ahmed (ancien militant du mouvement abolitionniste d'El horr) fut obligé de reconnaitre les faits et d´annoncer la découverte d´un soit-disant « complot » fomenté par des militaires et des civils noirs dont des anciens prisonniers flamistes et rescapés la prison mouroir de Oualata.

Nous avons été les premiers à saisir Amnesty International par son responsable de la zone Afrique de l´Ouest de l époque notre ami Tiébilé Dramé l´ancien et le tout nouveau ministre des affaires étrangère du Mali et Rakia OMAR de Human Rights watch.

C´est d´ailleurs l´annonce, à partir de Londres , par Amnesty International de la mort de plus de 200 militaires négro-africains et la confirmation de ces atrocités par différents témoignages qui ont provoqué un véritable choc dans l´opinion publique.

Comme sonnés par la révélation de ces horreurs, différentes personnalités et organisations ont tenu à exprimer leur stupeur et leur indignation. L´UTM parlait d´un véritable génocide et estime que « les traitements inhumains et dégradants infligés à la majorité des citoyens arrêtés constituent une menace pour tous et pour chacun et peuvent conduire le pays à la dérive ».

Le groupe des « 50 » réclamait la constitution d´une commission d´enquête sur ces massacres. Sans oublier la lettre ouverte des 125 du 17 mai, la lettre ouverte des femmes des disparus.

En France, même le P.S s´est vigoureusement élevé contre ces exactions. Cependant que les citoyens mauritaniens se mobilisaient pour dire leur dégoût, comme en témoigne l´historique manifestation organisée à Paris le 13 avril 1991 par les FLAM, le FRUIDEM, Le CSMD entre autres.

Pour la petite histoire nous avons été derrière la courageuse déclaration de notre frère déserteur Cheikh Fall dans les colonnes de Libération avec S- Smith et sur les ondes de RFI avec Carmen Bader et cette sortie a sauvé plus d´un prisonnier survivant encore dans les geôles de Taya.

Mon ami et frère Mahamadou Sy l´auteur et rescapé de l´Enfer d´Inal peut le confirmer aussi. Ce sont nos camarades de la section FLAM-Europe qui ont accompagné Cheikh Fall dans les différentes rédactions de la presse hexagone pour alerter l´opinion internationale sur les crimes contre l´humanité qui s´opéraient dans les geôles du régime sanguinaire du colonel Ould Taya.

Les lecteurs de BILAL, notre organe d´information de l´époque , ont certainement toujours en mémoire son émouvante interview avec les détails de tous les massacres, les circonstances d´exécution de nombreux détenus, impliqués arbitrairement dans la prétendue tentative de coup d´état de décembre 1990.

Mais il y a mieux : on est passé de la simple indignation à la formation des revendications qui tournent toutes autour de l´instauration d´une démocratie pluraliste et d´un véritable état de droit. Les FLAM ne pouvaient que se réjouir de telles initiatives. Et pour cause !

Dans toutes nos déclarations et notamment dans celle du 8 mai 1989 consécutive à ce qu´on appelle pudiquement "les évènements", nous n´avons eu de cesse de réclamer l´avènement d´une réelle démocratie.

En 1986 déjà, nous avions dénoncé, dans le manifeste du négro-mauritanien opprimé, l´existence d´une discrimination raciale dont la poursuite et l´aggravation ne pouvaient qu´hypothéquer l´existence de notre pays.

A l´époque cependant, il ne s´était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les mouvements politiques concurrents pour formuler avec autant d´exigence que nous, la revendication d´une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens.

Que les évènements, plus douloureux, les uns que les autres, qui se sont succédés dans notre pays depuis cette date, aient cruellement confirmés nos analyses, ne saurait être pour nous l´occasion d´une quelconque délectation. L´important est ailleurs : il est dans la reconnaissance par tous de la nature raciste de la politique conduite par l´ETAT mauritanien.

Pendant ces années de braise les FLAM qui étaient relativement au début seules sur ce terrain de la dénonciation du régime raciste et militaire, avec l´arrestation et la détention de nos camarades à Oualata et l´exil forcé des autres, n´ont pas manqué d´apprécier à sa juste valeur la dénonciation par les jeunes Maures mauritaniens appelés "Mouvement des démocrates indépendants" des excès du régime ainsi que l´appréciation de la question nationale comme problème à résoudre nécessairement.

En d´autres circonstances, nous avions loué le courage de ces compatriotes et comme mes amis Jemal Ould El Yessa et Abdallah Ould Kebd qui, émergeant du troupeau ont eu l´audace de reconnaitre et les posant, les graves problèmes de cohabitation que connait toujours notre pays et nous avions exprimé notre disponibilité à collaborer avec eux pour le triomphe de nos justes positions.

Cette preuve palpable de disponibilité à travailler avec ces compatriotes arabo-berbères ne nous a pourtant pas dispensé des critiques malveillantes des vieux chevaux chauvins du Système.

Mais heureusement que chaque jour qui se lève apporte son lot d´éclairage au drame mauritanien, permettant ainsi le recentrage des débats autour des vrais problèmes que les mentors du régime et nationalistes panarabistes ont essayé de brouiller tant bien que mal.

La vérité par delà les passions, les errements et aveuglements qui peuvent la brouiller momentanément, finit toujours par s´imposer en se frayant son chemin. « Le Vivre ensemble » est une nécessité aujourd’hui pour éviter à notre pays le démembrement. Il est temps de se ressaisir pour un sursaut patriotique et citoyen.

La lutte continue!

Kaaw Touré

Source : Kaaw Touré

Jeudi 23 Mai 2019
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