Interview accordée par le Président des FPC au journal Mauritanies1 (n°30 oct au 30 Nov)



Interview accordée par le Président des FPC au journal Mauritanies1 (n°30 oct au 30 Nov)
Question : Le système raciste instauré par Taya a crée la division et la haine au sein des populations mauritaniennes. Vous êtes l’une des victimes de cette injustice qui, d’ailleurs vous a poussé de quitter le pays à un certain moment de votre vie. Pouvez-vous revenir d’abord sur l’historique de votre itinéraire politique et ensuite sur votre vie en exil.

Samba Thiam. : D’abord sachez que le Système a été antérieur à ould Taya qui l’a porté, il faut le dire, à son paroxysme ; le Pouvoir actuel est entrain de le perpétuer méthodiquement et avec application. Ensuite il n’y a pas de ‘’haine’’ entre les populations’’ , comme vous semblez le dire , mais une forte méfiance qui frôle la rupture …

Les composantes nationales vivent ensemble sur le même espace mais sans plus communiquer entre elles , par la faute de politiques nocives, dangereuses qui les ont divisées.

Je me dois encore de rectifier pour dire que j’ai quitté le pays non pas parce qu’il y avait de l’injustice, certes, mais plutôt essentiellement parce que je ne pouvais m’exprimer sans retourner en prison... . En décembre 1990 il fallait se taire et subir ou refuser de se taire et alors aller en prison…La seule voie qui s’offrait à celui qui refusait de subir en silence était l’exil. Voilà pour ce qui concerne mon exil. Pour mon itinéraire politique ou ce qui m’y a conduit, c’est principalement l’injustice. Je suis un homme qui hait et déteste au plus haut point l’injustice ! Quand je l’ai vue grandir à partir des étapes de ma vie d’écolier , d’élève, de ma carrière d’Enseignant et tout au tour de moi dans l’Administration , j’ai décidé de m’engager en politique pour lutter contre ce Système à caractère raciste, injuste et pernicieux qui s’installait, et que poursuivent inlassablement ceux qui nous gouvernent actuellement .Face à un Système plus vivant que jamais , on ne saurait songer à baisser la garde ….

Question : Après tant d’années de militantisme à l’extérieur du pays sur la cause negro-mauritanienne aujourd’hui, quel est le sens de votre retour en Mauritanie?


Samba Thiam : Mon militantisme n’est pas dicté par « la cause negro-mauritanienne » comme vous le posez, mais par la nécessité de se dresser contre les tares et les avatars du pays pour que la Mauritanie soit ! C’est un militantisme nourrie par une certaine Idée d’une Mauritanie , viable , conviviale, prospère , qui se projette dans le concert des Nations modernes , une Mauritanie d’où seraient bannis l’esclavage , le racisme , l’exclusion, les discriminations , l’inégalité devant le savoir entre nos enfants , -inégalité consacrée à la base devant l’acquisition du Savoir dans notre Ecole- ..

Quel sens donner au retour de la direction des FPC , à notre retour en somme , sinon qu’il s’inscrit dans l’ordre normal et naturel des choses ! Nous avons été contraints et forcés à l’exil …Nous y sommes restés trop longtemps par la force des choses, mais sans jamais songer y demeurer pour toujours … ‘’ ‘’On est bien que chez soi’’ dit l’adage populaire ! Enfin, nous avons un message à passer qui risquait de rester inaudible de l’extérieur .Depuis que nous sommes là sa réception est décuplée, indéniablement.

Question . Quelle lecture faites-vous sur le comportement des partis de l’opposition face au parti au pouvoir sur la gestion des questions d’intérêt national ? Peut-on dire que l’opposition n’a aucune influence
?

-Samba Thiam
: Je vous repose la question : que pensez vous que soit , à vos yeux , l’attitude des partis d’opposition devant la gestion des questions d’intérêt national ?

Tous , tous les éléments crédibles de l’Opposition s’accordent à reconnaitre la gestion chaotique et désastreuse de ces questions vitales ,en ce moment, par le régime …Ne perdez pas de vue toutefois que Nous de l’Opposition ne sommes pas aux commandes , mais bien le Général …Ce que nous pouvons faire c’est de tirer la sonnette d’alarme , mais non le forcer à comprendre...

Question : Pensez-vous comme beaucoup de Mauritaniens que le cumul d’injustices sociales et économiques risquerait d’entrainer un jour dans notre pays, une révolte sociale incontrôlable et peut être catastrophique ?

Samba Thiam
: Je n’ai aucun doute là-dessus ! les injustes sont d’ordre racial, ethnique , social et économique . Cette oppression qui dure, qui dure, finira par une explosion, sociale ou ethnique si on n’y remédie pas. On peut opprimer une fraction du peuple tout le temps, on peut opprimer tout le peuple une fraction du temps, mais on ne peut opprimer tout le peuple tout le temps disait un célèbre penseur … Les rancœurs et les frustrations accumulées pendant toutes ces années finiront, inévitablement, par imploser. Mais hélas, le régime, toujours dans une posture de fuite en avant, ne semble pas en prendre conscience.

Question -. Le gouvernement vient de modifier quelques symboles nationaux via un referendum populaire. Peut-on dire que cette initiative n’est pas noble ou destructrice?

Samba Thiam :
L l’initiative fut inopportune et l’opération une vaste supercherie …

Pour la procédure choisie ,pour l’élaboration de l’hymne, on n’a pas dérogé à la pratique habituelle en chargeant une commission monoéthnique et monolingue de sa conception ....L’attachement à la diversité culturelle et ethnique et à l’unité nationale est toujours scandé à longueur de temps par ces hommes au pouvoir , mais sans application pratique ; Tout cela sonne comme un slogan creux … Ces symboles –Hymne et Drapeau- vont diviser le peuple dans ses composantes , comme le 28 novembre maintenant nous divise.

QUESTION : Très souvent vous parlez de l’autonomie du Sud dans votre discours politique. Cette idée est-elle celle de conseil régional que l’Etat est entrain d’instaurer.

Samba Thiam :
IL est quand même navrant de constater que soit vous nous lisez de travers, soit , vous vous attelez, consciemment, à véhiculer des contre-vérités sur notre compte . Dans aucune de nos productions, pourtant à votre disposition, – Interviews, articles ou déclarations qui existent à foison , vous ne lirez ‘’ autonomie du Sud ‘’ ; nulle part dans notre littérature ! Malgré tout, une fraction de la presse à laquelle vous vous confondez , persiste à user de cette formule, à nous faire dire ce que l’on n’a pas dit …

Que faut –il en penser ? Que vous induisez en erreur, volontairement , l’opinion publique nationale en falsifiant délibérément nos propos , notre projet et partant notre image … Or il m’a toujours semblé que même dans la plus vive opposition à un parti ou à un courant de pensée , la presse se devait de garder une certaine dose d’objectivité …

Encore une fois- il faut de nouveau le rappeler ici- , nous proposons un projet d’Autonomie à l’échelle nationale. Un projet fondé sur des critères objectifs , rationnels de redécoupage du pays en quatre Zones , sur des bases de vocation économique naturelle ,où les populations locales , dotées de larges compétences, gèreraient elles –mêmes leurs terroirs . Ce sera, disons-nous, quatre régions à vocation pastorale, agricole, minière et sylvo-pastorale ...

J’ai déjà expliqué par ailleurs l’intérêt de cette approche en terme d’émulation au développement, en terme de moyen de résolution essentielle de deux types de tensions majeures, en particulier : la tension tribale et la tension ethnique récurrentes.

Question : On se dirige vers des séries d’élections entre 2018 et 2019. Où en est-on de la reconnaissance de votre parti politique ?

Samba Thiam :
la reconnaissance des FPC est bloquée par la volonté du Prince …Nous sommes victimes d’un blocage politique, car nous avons respecté, rigoureusement, toutes les conditions prescrites par la loi.






Source:http://www.flamonline.com

Dimanche 12 Novembre 2017
Boolumbal Boolumbal
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